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OPHIUCHUS, LE SERPENTAIRE

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PETITE CHRONIQUE ZODIACALE DE BERNADETTE


Publié le : samedi 19 janvier 2013, par  Bernadette JARDEZ





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Après avoir passé une semaine dans la constellation du scorpion entre le 22 et le 29 novembre 2012, le Soleil parcourt la grande constellation du serpentaire jusqu'au 18 décembre 2012.

Répertoriée par Aratus de Soles, poète et astronome du IIIe s avant notre ère, elle figure parmi les 48 constellations de l'Almageste de Ptolémée. Le serpentaire est assimilé à Asclépios, dieu de la médecine. Fils d'Apollon, il meurt foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité les morts. Il est placé au firmament sous la forme du serpentaire. Esculape pour les Romains, Imhotep pour les Egyptiens, il a pour attribut le bâton d'Asclépios autour duquel s'enroule un serpent, aujourd'hui symbole de la médecine. A la suite de leur ancêtre mythique, les asclépiades forment une dynastie de médecins dont Hippocrate est le représentant le plus illustre. Il a inspiré le célèbre serment que nos médecins prêtent quand ils commencent à exercer.

Les principales étoiles du serpentaire sont par ordre de magnitudes croissantes :

• Ras alhague (alpha Oph) dont le nom en arabe signifie « la tête du charmeur de serpents ». C'est une étoile binaire dont la composante principale est une géante blanche de type A 5 III et de magnitude apparente 2,08. Elle est à 47a.l de nous.

• Sabik (éta Oph) son nom signifie « le premier ou le prédécesseur », de magnitude apparente 2,43 et située à 84 a.l de nous, c'est aussi une étoile binaire dont les deux composantes sont des géantes blanches de type A. Elles appartiennent toutes les deux à la séquence principale.

• Dzéta Oph nommée Han par les Chinois est une géante bleue très chaude de type O9.5 V. Elle est distante de 458 a.l de nous et a une magnitude de 2,54. Cette étoile bleue nous apparaît rouge car la poussière interstellaire absorbe une partie de la lumière bleue. En l'absence de cette poussière Han serait l'une des plus brillantes étoiles du ciel. Elle est à la moitié de sa vie et dans quelques millions d'années elle finira en une supernova spectaculaire.

• Yed Prior (delta Oph) de magnitude 2,73 est une géante rouge de type M de température de surface 4850K. Elle forme avec Yed postérior (epsilon Oph), de magnitude 3,23, un couple optique visible à l'œil nu. En effet si la première est à 170 a.l de nous, la seconde n'est qu'à 108 a.l de nous. Elles ne sont donc pas liées gravitationnellement mais nous paraissent très proches visuellement. Yed postérior est une géante de type G, elle présente de façon inhabituelle pour ce genre d'étoile, un déficit en azote et en carbone. Yed, en arabe, signifie « la main ». Les deux étoiles forment la main d'Ophiucus qui tient la tête du serpent.

• Cebalrai (béta Oph) est une géante de type K. Sa magnitude apparente est de 2,76, elle varie légèrement de 0,02. Située à 82 a.l de nous, son nom signifie « le chien du berger ».

On y trouve aussi de nombreux amas globulaires, des amas ouverts, un nuage de poussière sombre Barnard 68 et plusieurs nébuleuses dont la nébuleuse du papillon M 2-9 qui est une étoile symbiotique.

Les étoiles symbiotiques sont des systèmes binaires constitués d'une géante rouge souvent de type M, parfois de type G ou K ou d'une Mira et d'une étoile plus chaude telle une naine blanche, une étoile massive de la séquence principale ou une étoile à neutrons. Il existe un transfert de matière de la première vers la seconde. On les classe en deux catégories :

• Le type S (pour stellar) : c'est dans 80% des cas une géante rouge ordinaire qui perd de la matière.

• Le type D (pour dusty = poussiéreux) dans les 20% des cas restants la géante est du type Mira (genre d'étoiles variables). La matière expulsée par la géante forme une coquille de grains de poussière autour de l'étoile. M 2-9 est de ce type.

Outre le spectre particulier de ces objets, ils sont caractérisés par :

• La matière expulsée par la géante est ionisée par l'étoile chaude et forme une nébuleuse brillante.

• Il existe une fluctuation d'éclat de durée très courte (de quelques secondes à quelques minutes. Elles sont le siège d'instabilité à l'origine d'un comportement éruptif qui peut s'exprimer lors de crises espacées de quelques mois à quelques années.

Mais la vedette revient à l'étoile de Barnard

C'est une naine rouge de type M invisible à l'œil nu. Sa magnitude apparente est de 9,57 et elle est distante de la Terre de 5,96 a.l ce qui en fait, après le Soleil et l'étoile triple alpha centauri, la troisième étoile la plus proche de nous.

Une naine rouge a une masse comprise entre 0,08 et 0,5 masse solaire, la limite inférieure correspond à la masse minimale nécessaire pour déclencher les réactions thermonucléaires dans le cœur de l'étoile. Son éclat n'atteint pas le dixième de celui du Soleil, c'est une étoile froide dont la température de surface est d'environ 3000 K. Pourtant les étoiles de ce type constituent 80% de la population stellaire de la Voie Lactée. Dans un rayon de 33 a.l autour du Soleil on en compte 220, soit les deux tiers des étoiles qui nous entourent.

Sa position proche de l'équateur céleste, favorable à l'observation, en fait la naine M la plus étudiée.

Sous le signe du serpentaire

Edward Emerson Barnard - 81 ko
Edward Emerson Barnard

L'astronome américain Edward Emerson Barnard est né à Nashville dans le Tennessee le 16 décembre 1857. Astronomiquement parlant, il est donc du treizième signe du zodiaque, le serpentaire. D'une famille pauvre, il est assistant d'un photographe à l'âge de 9 ans. En 1876 il fait l'acquisition d'un télescope de 12 cm et se passionne pour l'astronomie. Il découvre sa première comète en 1881, il en découvrira 8 en tout. Renommé dans la communauté des astronomes de Nashville, ceux-ci organisent une quête pour lui permettre d'entrer à l'université Vanderbilt. Il obtient son diplôme universitaire à l'âge de trente ans. Dans l'équipe de l'observatoire de Lick, en1892, il observe une nova et déduit que les émissions gazeuses résultent de l'explosion d'une étoile. La même année il découvre Amalthée le cinquième satellite de Jupiter.

A partir de 1895, il accède, par l'université de Chicago, au télescope de 100cm de l'observatoire Yerkes. Il photographie la Voie Lactée et découvre avec Max Wolf de nombreuses zones obscures, nuages de gaz qui absorbent la lumière des étoiles en arrière plan. Il publie un catalogue de ces objets qui, en 1927 recensera 349 nuages d'absorption.

L'étoile de Barnard, nommée en son honneur, a été découverte en 1916. E.E.Barnard met en évidence son important mouvement propre de 10,3" par an. Sa vitesse transversale est de 90 km/s et sa vitesse radiale, mesurée grâce à l'effet Doppler, est comprise entre 107 et 111 km/s. Ces mesures combinées montrent que l'étoile de Barnard s'approche du Soleil à environ 140 km/s et qu'elle sera à 3,8 a.l du système solaire vers l'an 11800, puis elle s'éloignera.

E.E.Barnard meurt le 6 février 1923 reconnu et récompensé par ses pairs. Une collection exceptionnelle de photographies a été publiée après sa mort sous le titre « Photographic Atlas of Selected Régions of the Milky Way ».

Peter van de Kamp (26 décembre 1901- 18 mai 1995) est un astronome néerlandais spécialisé en astrométrie, il étudie le mouvement propre des étoiles. En 1963 il annonce avoir détecté des perturbations dans le mouvement de l'étoile de Barnard qui seraient dues, selon lui, à la présence d'une ou plusieurs planètes de type jovien. En 1969, après avoir suggéré une planète de 1,6 masse jovienne, il pense qu'il y en a deux de 0,8 et 1,1 mj. Les travaux de van de Kamp furent réfutés en 1973 car le mouvement observé était dû à la maintenance et à la mise à jour du matériel d'observation, mais il n'admit jamais son erreur.

Les études faites avec le télescope spatial Hubble, en 1990, n'ont pas non plus permis l'identification d'un compagnon planétaire.

Peut-être découvrira-t-on un jour des planètes de faible masse autour de l'étoile de Barnard. En 1995 Michel Mayor et Didier Queloz ont découvert la première exo planète 51 Pégasi b. Au 17/12/1012 on a mis à jour 854 exo planètes répertoriées et confirmées.



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Bernadette JARDEZ

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