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LA VIERGE

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PETITE CHRONIQUE ZODIACALE DE BERNADETTE


Publié le : samedi 15 septembre 2012, par  Bernadette JARDEZ





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Cette figure de femme de la constellation de la Vierge est une belle constellation de printemps qui nous apparaît à l'est, en début de nuit au mois de mars. Si vous remarquez les directions indiquées en bas de l'image, elle est couchée sur l'écliptique et son étoile la plus brillante, Spica (alpha virgo) se trouve juste en dessous de l'écliptique. C'est une constellation peu lumineuse, à l'œil nu on ne repère souvent que Spica (l'épi). Pour la trouver, tournons l'image de 90°.

Après avoir repérer la grande ourse, suivez la courbure de la queue : Megrez, Alioth, Alcor et Alkaid. Vous trouverez facilement une étoile très brillante Arcturus du Bouvier et en poursuivant la courbe, vous ne pouvez manquer Spica.

Mais d'où vient le nom de cette constellation ?

Pour les Grecs et les Romains, elle représentait tantôt Déméter ou Cérès, déesse de la Terre et de l'agriculture, tantôt Astrée, la justice humaine tenant une épée dans une main et une balance dans l'autre. Astrée ou Vierge-étoile, était la fille de Zeus et de Thémis, la justice divine. Elle vivait sur Terre, parmi les hommes et réglait leurs problèmes. C'était l'âge d'or de l'humanité, ère de paix que nul crime ne venait troubler. Lorsque l'âge d'argent puis l'âge d'airain avec ses hordes barbares lui succédèrent, Astrée abandonna les hommes et rejoignit le firmament divin.

L'amas de la Vierge.

Les forces gravitationnelles qui s'exercent entre les galaxies parviennent parfois à les rapprocher. La plupart des galaxies se regroupent ainsi, au sein d'amas, plus ou moins liées gravitationnellement.

L'amas auquel appartient notre galaxie, la Voie lactée, se nomme l'amas local. Il s'agit d'un groupe d'au moins 25 galaxies réparties dans un volume dont le diamètre est environ 4 Ma.l. Les deux principales, la Voie lactée et Andromède sont distantes d'environ 2,25 millions d' a.l et, autour de chacune d'elles, gravitent des galaxies satellites plus petites.

Ainsi, les nuages de Magellan sont deux galaxies irrégulières satellites de la Voie lactée. On les observe dans le ciel austral comme des taches floues. La galaxie d'Andromède se rapproche lentement mais inexorablement de nous. Les deux galaxies pourraient entrer en collision dans dix milliards d'années. L'amas local est relativement pauvre mais, de nombreux amas sont beaucoup plus riches.

C'est le cas de l'amas de la Vierge situé au nord de la constellation, à proximité de l'œil de la Vierge (omicron virgo). Il contient environ 2500 galaxies réparties dans un volume dont le diamètre est à peu près 10 Ma.l.

Mais l'univers n'est-il pas en expansion ?

Les galaxies ne s'éloignent-elles pas les unes des autres ?

En fait, dans un amas, les distances entre les galaxies sont faibles par rapport à leur taille. La Voie lactée a un diamètre de 100 000 a.l alors que la distance qui la sépare d'Andromède est d'environ 20 fois ce diamètre. Si on représente la Voie lactée par une pizza de 20 cm de diamètre, Andromède serait à 4m d'elle. L'interaction gravitationnelle les relie donc fortement ainsi que les petites galaxies satellites de chacune d'elles.

L'expansion de l'univers s'observe à plus grande échelle. Les amas de galaxies se fuient les uns les autres dans toutes les directions. Grâce à l'effet Doppler-Fizeau, on peut savoir si un déplacement se fait vers nous ou à l'opposé de nous.

La loi de Hubble.

Dans le problème précédent, on nous donne la vitesse à laquelle la source s'éloigne de nous, c'est la vitesse de récession. En 1929, Edwin Hubble relie la vitesse de récession v à la distance D qui nous sépare de la source en déplacement. La relation est : v = H.D H est le paramètre de Hubble, il exprime le taux d'expansion de l'univers. Selon Hubble, ce taux est constant dans tout l'univers, dans toutes les directions.

Plus une galaxie est éloignée de nous, plus sa vitesse de récession est grande. L'univers gonfle comme un cake aux raisins sous l'effet de la levure. La pâte gonfle partout de la même façon, les raisins s'éloignent d'autant plus qu'ils sont loin les uns des autres. Le gonflement est le même partout, c'est la distance qui produit les effets cumulatifs. Chaque raisin voit les autres s'éloigner de lui selon un taux H proportionnel à la distance qui les sépare.

Déterminer la distance des galaxies rapprochées.

Sous le signe de la Vierge.

Le Soleil met 44,5 jours à traverser la constellation de la Vierge entre le 16 septembre et le 30 octobre.

Mais, en astrologie, le signe correspond à la période du 24 août au 22 septembre. Né le 19 septembre 1749 à Amiens, Jean-Baptiste Joseph Delambre est astrologiquement parlant du signe de la Vierge.

Il commence ses études dans sa ville natale et devient un fervent helléniste. L'abbé Jacques Delille lui inculque un profond humanisme. En 1774, il s'installe à Paris et suit les cours de l'astronome Jérôme Lalande. Précepteur du fils de M. Dassy, receveur général des finances, qui lui installe un observatoire dans les combles de son hôtel, Jean-Baptiste Delambre commence ses observations. Il publie des tables d'Uranus, planète découverte en 1781 par Williams Herschel.

En 1792, il devient associé géomètre de l'Académie des sciences dont il deviendra secrétaire pour les sciences mathématiques en 1800.

En 1795, il entre au bureau des longitudes. Nommé inspecteur général des études en 1802, il succède à J. Lalande à la chaire d'astronomie du collège de France en 1807. En 1808, il devient membre du conseil de l'université, il en sera écarté en 1815. Il meurt à Paris en 1822 en ayant été fait officier de la Légion d'honneur l'année précédente. Son nom est inscrit sur la tour Eiffel, dans la liste des soixante-douze savants.

Mais c'est « l'épopée du mètre » qui le rendra célèbre.

Dès le 19 mars 1791 le mètre, base du nouveau système métrique, était théoriquement défini comme égal à la dix millionième partie du quart du méridien terrestre. Encore fallait-il établir dans la pratique la longueur de ce dernier.

La triangulation est une méthode connue depuis le début du XVIIe siècle. Elle consiste à jalonner un itinéraire d'un réseau de points choisis pour leur visibilité : tour, sommet, clocher …Ces points doivent former des triangles juxtaposés. Si on connaît tous les angles formés par deux triangles adjacents et au moins une des longueurs d'un seul des deux triangles, on peut déterminer, grâce à la trigonométrie, la grandeur des côtés des deux triangles.

En 1718, déjà, la triangulation avait permis à Jacques Cassini de réaliser une mesure du méridien entre Dunkerque et Collioure. Mais la précision des valeurs d'angle mesurées est insuffisante. Le 13 avril 1791, l'Académie confie à Cassini (le fils de Jacques), Legendre et Méchain, la triangulation et la détermination des latitudes.

Un instrument de précision va être utilisé : le cercle de Borda dont vous voyez l'image sur la gravure ci-dessus. Cette innovation permet de mesurer les angles à la seconde d'arc près. Les mesures au sol seront faites avec des règles bimétalliques cuivre-platine dont l'unité est la toise du Pérou. N'importe quelle unité pouvait faire l'affaire, celle-ci, rapportée par La Contamine de son expédition en Equateur en 1747, est devenue étalon national le 16 mai 1766 après une déclaration du roi. La longueur du premier mètre serait donc exprimée en toise du Pérou !

Finalement pour la mesure du méridien, deux équipes sont constituées. L'une dirigée par Jean-Baptiste Delambre comprend Lalande et Bellet, l'autre dirigée par Pierre Méchain comprend Tranchot et Esteveny.

L'équipe de Delambre mesurera l'arc de méridien de Dunkerque à Rodez, soit les deux tiers supérieurs. L'équipe de Méchain mesurera le dernier tiers de Rodez à Barcelone.

Cette disproportion se justifiait par le fait que Delambre devait théoriquement repasser par les points de l'ancienne triangulation alors que Méchain s'aventurait sur un territoire vierge de toute mesure géodésique. L'aventure durera de 1792 à 1799.

Aventure, c'est bien le mot qui convient, car les repères de triangulation antérieurs se révéleront inutilisables. Dans les troubles de la révolution, des clochers ont été détruits ou tombent en ruines. Ceux qui ont été reconstruits après incendie, le sont d'une autre façon. Sur le parcours les deux géodésiens ont connu de nombreuses mésaventures : arrestations, révocations temporaires, endommagements ou destructions de leurs ouvrages géodésiques qui suscitaient la méfiance de la population car les étoffes qui terminaient les signaux étaient blanches, couleur de la royauté, donc couleur antirévolutionnaire.

Munis de laissez-passer, passeports et autres autorisations, nos deux savants n'étaient pas à l'abri des arrestations, car les institutions dont émanaient ces documents disparaissaient faisant d'eux des hors la loi. La suppression des académies, en 1793, entraîne l'exclusion de Delambre de la commission temporaire des poids et mesures en 1794. Il se voit interdire de poursuivre ses travaux jusqu'en juin 1795. Méchain connaît de nombreuses difficultés. Aux repères à établir, aux montagnes à traverser se greffent les événements historiques. Une partie des mesures doit être réalisée en territoire espagnol. La guerre entre l'Espagne et la France débute le 7 mars 1793, sans compter la Terreur de 1793 à 1795.

Parallèlement, le mètre est provisoirement fixé par la loi du 1 août 1793 d'après les résultats publiés par Lacaille dans les mémoires de l'Académie pour 1758. Les subdivisions du mètre seront le décimètre, le centimètre et le millimètre.

Ce mètre étalon ne correspond pas aux mesures de Delambre et Méchain, mais à celles de Cassini.

Ce n'est qu'en 1799 qu'un nouveau mètre étalon en platine sera déposé aux archives publiques dédié « à tous les temps, à tous les peuples ».

Réponses aux calculs :



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Auteur :


Bernadette JARDEZ

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