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LE LION

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PETITE CHRONIQUE ZODIACALE DE BERNADETTE


Publié le : dimanche 29 juillet 2012, par  Bernadette JARDEZ





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Cette belle constellation est déjà mentionnée au IIIième siècle avant J.C par Anatase de Soles, poète grec et astronome. C'est dans un poème de 1154 vers « phénomènes », seule œuvre parvenue jusqu'à nous, que le lion est nommé. L'œuvre, dans sa première partie, traite de la transformation des êtres en astres. C'est un poème obscur, d'une grande virtuosité, mais qui n'apporte aucune explication cosmologique.

Egalement citée par Ptolémée dans l'almageste, la constellation correspond, dans la mythologie grecque, au lion de Némée. Dans cette région, ancien site religieux du Péloponnèse, l'animal fantastique fait régner la terreur. Et, intervient Hercule ! Le lion a une peau impénétrable, ni les flèches, ni les lances ne peuvent en venir à bout. Pour son premier travail, Hercule va affronter la bête à l'aide d'une massue en bois d'olivier, celle-ci se brise. Hercule achève l'animal en l'étouffant de ses mains. Il l'écorche en utilisant ses propres griffes et se vêt de la peau. Zeus mit le lion au firmament.

Les principales étoiles

Pour trouver la constellation, après avoir repérer la grande ourse, on descend le côté externe de la casserole à l'opposé de la polaire. On arrive au milieu d'un trapèze délimité par les quatre étoiles les plus brillantes du lion :

Regulus ( le petit roi) ou Cor Leonis ( le cœur du lion) est la plus brillante avec sa magnitude apparente de 1,36. Elle mérite bien l'appellation alpha leo. C'est une étoile blanche de la séquence principale de classe B7V, elle brille cent trente fois plus que le Soleil. Quasiment sur l'écliptique, Regulus possède un compagnon à 4200 UA qui est une petite étoile double. Regulus tourne en 16 H sur elle-même ce qui lui donne une forme aplatie.

Al Gieba (le cou) avec sa magnitude apparente de 2,01 est la deuxième étoile la plus brillante de la constellation bien qu'elle ne soit désignée dans les catalogues que sous le nom gamma leo.

Denebola (beta Leo) est une étoile blanche de type A3Vvar relativement proche de nous (36 A.L). C'est une étoile variable dont la magnitude oscille légèrement autour de 2,14. Son nom signifie en arabe « la queue du lion ».

Zosma (delta Leo), étoile blanche de classe A4V et située à 58 a.l de nous est « la base de la queue du lion ».

Par temps favorable, on distingue la tête du lion : en remontant vers le nord à partir d'Al Gieba, on trouve Adhafera puis Ras Elased Borealis et enfin Ras Elased Australis (epsilon Leo) occupant la place de l'œil du lion. Avec Regulus et êta leo on peut voir un point d'interrogation à l'envers. Un dessin dans le ciel facile à repérer est appelé un astérisme. Celui-ci est connu sous le nom de « la faucille ».

Vous n'avez aucune chance, par contre, d'observer l'étoile Wolf 359 car c'est une naine rouge 50 000 fois moins lumineuse que le Soleil. Mais c'est la sixième étoile la plus proche de notre Soleil. Distante de 7,78 a.l sa magnitude de 16,55 en fait l'objet le moins brillant connu dans le voisinage du Soleil.

A ne pas manquer : le triplet du lion

Au sud de Coxa (theta Leo) se trouvent deux galaxies spirales M65 et M66. Elles forment avec NGC 3628, aussi appelée la galaxie du Hamburger, un petit amas de galaxies situé à 35 millions d'a.l de nous : le triplet du lion.

Le lion contient plusieurs autres galaxies dont Leo I et Leo II juste au nord de Regulus qui appartiennent au Groupe local, c'est à dire l'amas dont font partie notre galaxie, la Voie Lactée et Andromède.

Les Léonides

Du 10 au 23 novembre la Terre traversera les débris de la comète Temple-Tuttel ce qui donne lieu à une pluie d'étoiles filantes. Elles semblent venir d'un point ( le radiant) situé dans la constellation du lion : ce sont les Léonides. Les poussières laissées par la queue cométaire sont attirées par la Terre lors de son passage. Elles tombent sur notre planète en se consumant dans l'atmosphère pour donner cette pluie lumineuse dont l'éclat est souvent proche de la magnitude 0. Le maximum de l'essaim des Léonides aura lieu le 17 novembre à 9 H TU. Le taux horaire est proche de 15 mais peut atteindre 100 ce qui fait de cet essaim un des plus intéressants du cycle météoritique. La comète 55P Tempel-Tuttle a une période de 33,2 ans, elle est passée au périhélie en février 1998. En 2032, la comète passera très près de la Terre, cela promet un beau spectacle.

Mais peut-être êtes-vous pressé de contempler une pluie d'étoiles filantes ? Alors n'attendez pas novembre. Au mois d'août, la Terre traverse les poussières laissées par la comète 109P Swift-Tuttel. On assiste alors aux Perséides qui, comme leur nom l'indique, semblent provenir de la constellation de Persée. Le maximum de l'essaim aura lieu le 12 août à 12 H TU. Les perséides laissent souvent des traînées longues et persistantes. Certaines sont de vrais bolides dont la magnitude peut être supérieure à celle de Vénus.

Sous le signe du lion

Née le 12 août 1919, Margaret Burbidge est doublement du signe du lion. Astrologiquement (23 juillet-23août) et astronomiquement parlant, puisque le Soleil traverse la constellation du 10 août au 16 septembre, soit pour une durée de 36,9 jours.

Très tôt elle est en contact avec l'astronomie, scrutant le ciel étoilé qui la fascine, encouragée par des parents scientifiques qui lui ont offert des jumelles. A douze ans son grand-père lui fait cadeau des livres d'un parent éloigné : l'éminent astronome James Jeans. C'est décidé, elle sera astronome.

Après des études d'astronomie à l'University Collège of London, elle obtient son diplôme en 1939. Les hommes sont à la guerre, l'observatoire de Londres se trouve sans employé. Margaret accepte le poste et prépare sa thèse consacrée aux étoiles chaudes particulières. Elle la défendra en 1943. Elle essaie d'obtenir la bourse Carnegie attachée à l'observatoire du Mont Wilson et se la voit refuser parce qu'une femme n'est pas autorisée à observer ! Elle épouse Geoffrey Burbidge en 1948. Les époux quittent l'Angleterre pour l'observatoire de Haute Provence, ils y rencontrent un autre astronome anglais, Fred Hoyle, avec lequel ils se lient d'amitié.

En 1951, ils partent en Amérique, Margaret travaille à Yerkes (Wisconsin) où Geoffrey la rejoint l'année suivante. Décidée à étudier l'abondance des éléments chimiques à la surface des étoiles, elle assiste à la conférence où Georges Gamow expose sa théorie : tous les éléments seraient nés d'une explosion originelle.

Farouche opposant à la théorie du « Big Bang » comme il le baptisera lui-même par dérision, Fred Hoyle convainc les époux Burbidge à faire la lumière sur cette hypothèse, ce qui prendra quatre ans.

Pour expliquer la surabondance de certains éléments, il faut faire appel à la physique nucléaire. Ils rencontrent, à Cambridge, William Fowler qui donne une conférence sur le sujet. Pourquoi ne travaillerait-il pas à la création des éléments dans les étoiles ? Fowler accepte.

En 1957 paraît « De la synthèse des éléments dans les étoiles », article plus connu sous le sigle B2FH pour M.Burbidge, G.Burbidge, W.Fowler et F.Hoyle.

C'est une révolution en astrophysique, les étoiles sont des usines où se créent des éléments comme le carbone, l'oxygène et l'azote qui, avec l'hydrogène, sont les principaux éléments de la vie. Ce qui fera dire plus tard à Hubert Reeves que nous sommes des poussières d'étoiles.

Le groupe B2FH constate cependant que leur théorie n'explique pas correctement l'abondance des éléments légers tels l'hélium, le lithium, le bore et le béryllium. Il faudra revenir à la théorie de G.Gamow pour expliquer leur formation.

Margaret Burbidge abordera de nombreuses autres recherches. Première femme à devenir directrice de Greenwich, elle se voit refuser le titre d'astronome royal, lié à la fonction. Le titre est attribué à un de ses confrères masculin. Mais, elle recevra de nombreux prix dont le prix Einstein en 1988.



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Auteur :


Bernadette JARDEZ

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