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LE CANCER

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PETITE CHRONIQUE ZODIACALE DE BERNADETTE


Publié le : dimanche 8 juillet 2012, par  Bernadette JARDEZ





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On repère la constellation du cancer à sa forme en Y renversé. Nommée tortue par les Babyloniens, scarabée par les Egyptiens, les Grecs l'appelaient « la porte des hommes » car ils croyaient que c'est, par cette constellation, que les âmes venaient prendre possession des corps à la naissance. C'est une des 48 constellations répertoriées par Ptolémée. Dans la mythologie grecque, la constellation représente le crabe qu'envoya Héra à Hercule lors du combat avec l'hydre. Le crabe fut écrasé.

Les étoiles formant le Y renversé sont : Al Tarf, géante orange de classe K4III, c'est la plus brillante de la constellation mais est désignée par béta cancri dans les catalogues, cherchez la faille ! Son nom signifie « la fin en arabe ». Située à 290 al de nous, elle est 53 fois plus grande et 660 fois plus brillante que le Soleil. Sa magnitude apparente est 3,53 et sa magnitude absolue est - 1,22. Acubens ou alpha cancri n'est que la quatrième pour la luminosité. C'est un système de deux couples d'étoiles. Son nom signifie « la pince en arabe ». En remontant vers le nord on trouve Asellus australis puis Asellus boréalis ou « les deux ânes » et plus au nord encore on voit iota cancri : Décapoda qui est une étoile binaire. Comme chacun le sait, un décapode est un crustacé à dix pattes, comme les crabes, homards, crevettes et autres savoureuses bébêtes.

Magnitude apparente et magnitude absolue

Les anciens voyaient des étoiles grosses ou petites, non pas à cause de leur dimension, mais à cause de leur luminosité. C'est au II ième siècle avant J.C que l'astronome grec Hipparque de Nicée classe 1028 étoiles en six grandeurs. La première grandeur étant celle dont l'éclat est le plus grand, la sixième grandeur est la limite de la vision à l'œil nu. Ptolémée dans l'Almageste, au IIème siècle après J.C, développa cette idée en ajoutant des fractions de grandeurs. Ce système donna satisfaction jusqu'à l'apparition des instruments photométriques. Une méthode plus scientifique était nécessaire. Après avoir beaucoup discuté, on rattacha l'échelle des magnitudes, nombres qui mesurent l'éclat des astres, à une échelle logarithmique précise. L'avantage d'une échelle logarithmique est de remplacer des multiplications et divisions par des additions et des soustractions. Il fut donc décidé qu'une différence de 5 magnitudes correspondrait à un rapport de 100 à 1 pour la luminosité. Donc, à une augmentation d'une unité de magnitude, correspond une division de la luminosité par 2, 518864….. qui est la racine cinquième de 100. C'est grâce à l'Anglais Norman Pogson, en 1856, que la notion de magnitude apparente fut introduite :

m = -2,5 log E + k

Avec : m magnitude apparente (nombre abstrait), E l'éclairement en lux de l'étoile, k une constante qui disparaît dès que l'on s'intéresse à la différence entre deux magnitudes.

Ainsi le rapport de Pogson s'écrit :

m2-m1 = -2,5 log (E2/E1)

Pogson avait fixé arbitrairement à 2 la magnitude de Polaris qui, à peu près fixe, facilitait les comparaisons. Mais, elle était légèrement variable, c'est ensuite Véga qui servit de référence, maintenant on utilise des tableaux de points zéro.

Si vous observez deux lampes de même luminosité disposées à deux distances différentes, la plus éloignée vous paraîtra d'un éclat plus faible que la plus proche. Il en est de même pour les étoiles. Il fallait donc définir une magnitude absolue qui mesure l'éclat des étoiles comme si elles étaient toutes à la même distance de la Terre. On a choisit cette distance égale à 10 parsecs soit 32,6 al. La relation entre la magnitude absolue M et la magnitude apparente m est :

m - M = 5 log (D) -5

Avec D (en parsecs) distance entre le Soleil et l'étoile. Amusez-vous avec les valeurs données pour Al Tarf, un peu de calcul c'est bon pour les neurones, n'est-ce-pas !

Les merveilles du crabe

Assez de math pour aujourd'hui, place à l'observation de deux amas ouverts visibles à l'œil nu. Quoi de plus naturel, que de trouver à côté des deux ânes, une crèche, une mangeoire. C'est Praesepe, l'amas de la crèche ( M44), que les arabes appelaient Al Ma'laf, ce qui signifie « le sac de fourrage que l'on accrochait au cou des animaux » . Le poète grec Arato de Soles au IIIième siècle avant J.C parlait de « ce petit brouillard ». Contenant environ 350 étoiles, il a un mouvement identique à son homologue du taureau : les Hyades dont il est distant de 450 al. Ceci peut suggérer une origine commune.
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M 44

M67, proche d'Acubens, ce vieil amas de 1400 étoiles environ, situé à 3000 al de nous, suscite l'intérêt par la composition chimique de ses étoiles, proche de celle de notre Soleil. D'où l'idée séduisante que la pouponnière, où est née notre étoile, aurait été identifiée. Mais d'autres thèses disent que l'amas d'origine du Soleil est probablement dissous depuis longtemps. Affaire à suivre ! D'autre part l'amas occupe une position atypique, relativement éloigné du plan galactique où se situent en général les amas ouverts.

Sous le signe du cancer

Vu de la Terre, le Soleil parcourt la constellation du cancer du 20 juillet au 10 août. Le signe astrologique du cancer va du 20 juin au 22 juillet.

C'est le 13 juillet 1932 que naît à Montréal notre astronome du mois. Connu pour ses activités de chercheur dans les domaines des réactions thermonucléaires, les noyaux stellaires, le spectre des neutrinos solaires, l'origine des éléments légers, densité de l'univers etc…et d'enseignant en cosmologie, il se révèle au grand public par la publication de 25 livres de vulgarisation qui seront, pour beaucoup d'entre nous des sources de réflexion. Le premier ouvrage en 1981 « Patience dans l'azur » suivi de « Poussières d'étoiles » en 1984 nous entraînent dans cet univers vertigineux né du Big Bang. En 2011, il publie « L'univers expliqué à mes petits enfants » Depuis 1999 l'astéroïde (9631)1993 SL6 porte son nom, mais vous l'avez deviné : il s'appelle Hubert Reeves.
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Hubert Reeves



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Auteur :


Bernadette JARDEZ

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