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La lumière artificielle en débat II

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CONFERENCE DU MERCREDI 25 NOVEMBRE 1998


Publié le : mardi 18 novembre 2003, par  La rédaction





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La lumière artificielle en débat I



-  La biodiversité est un des indicateurs du développement durable. Elle est couramment définie comme : "la richesse en organismes vivants (animaux, végétaux, champignons...) qui peuplent la biosphère, englobant à la fois les individus et leurs relations fonctionnelles.

-  Le développement est un projet et/ou une capacité d'évolution des sociétés vers le mieux-être et le mieux-faire. Le mot recouvre les principes qui définissent cette évolution autant que les modalités concrètes de celle-ci. A Rio, la communauté internationale a rappelé que l'environnement et le développement ne sont pas absolus ni des fins en soi, mais que l'homme était au centre de ces préoccupations

-  Le développement durable et soutenable est un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre ceux des générations futures. Ce concept ajoute une dimension éthique et de responsabilité individuelle et collective spatio-temporelle à la simple notion de développement.

-  L'écodéveloppement est un mode de développement qui met concrètement en application les principes de développement durable et soutenable.

-  L'écologie : l' " Economie domestique de la maison Terre " (selon Friedel) est née en 1886, d'abord comme branche de la biologie qu'elle a ensuite englobée. Le biologiste Ernest Haeckel (1834-1919) l'a définit comme "la science des relations entre les êtres vivants et le monde qui les entoure".

-  L'écotaxe ou pollutaxe : système fiscal qui met en oeuvre le principe pollueur payeur. (Une partie du prix du produit ou d'un service servira à réparer les nuisances et dégâts sur l'environnement induits par la fabrication, le transport, l'utilisation et la fin de vie du produit ou service)

-  L'écosystème : subdivision élémentaire de la biosphère constituée d'un réseau trophique et du biotope où il se déploie. (Barbault)

-  L'efficience : capacité de rendement, efficacité... L'efficience énergétique vise à produire plus de service et plus de confort en dépensant moins d'argent, moins d'énergie et en polluant moins.

-  L'environnement : c'est ce qui nous entoure (au sens large du terme). Les chercheurs et économistes du développement durable s'intéresse de plus en plus aux aspects fonctionnels de l'environnement. L'environnement, plutôt que le milieu physique de l'homme est alors interprété comme la " résultante de la relation évolutive entre les sociétés humaines et la nature qui les entoure ", comme la " résultante de l'activité des organismes qui modifient le milieu par le biais d'interrelations complexes où s'expriment pression de sélection, de concurrence et de boucles de rétroaction complexes dont la plupart ne sont pas encore comprises. " De plus en plus, les facteurs climatiques et de milieu apparaissent eux-mêmes rétroactivement "contrôlés" par le Vivant. Le système "planète - pollutions" est une autre manière de définir notre environnement.

-  L'étude d'impact : obligatoire ou non selon l'importance du projet, elle analyse l'impact d'un projet d'aménagement et propose des mesures conservatoires ou compensatoires. Elle comporte un état initial, une analyse des effets directs et différés, temporaires ou permanents, les raisons pour lesquelles le projet a été retenu, les mesures réductrices et compensatoires et une analyse des méthodes utilisées pour évaluer l'impact sur l'environnement.

-  Extinction d'espèces : elles sont un des indicateurs de la durabilité et de la soutenabilité du développement.

R. BARBAULT distingue : 1 - Les extinctions de bases, ordinaires ou normales, qui correspondent au flux moyen des disparitions d'espèces.

2 - Les extinctions de masse, caractérisées par une soudaine élévation de ces taux moyens de disparition, sur de vastes zones géographiques et pour une grande diversité de taxons.

3 - Les extinctions anthropogéniques, résultant des effets directs et/ou indirects des activités de l'Homme (chasse, pêche, pollution, agriculture, destruction et morcellement des habitats ,etc. .). Les extinctions du troisième type sont en passe de s'apparenter aux extinctions du type 2, mais avec des délais d'extinction beaucoup plus rapides que ceux qui ont caractérisé les pires phases d'extinction des époques géologiques précédentes.

De manière générale, au fil de l'évolution, sauf dans les périodes de crises d'extinction (qui ont à chaque fois duré quelques millions d'années), alors qu'une espèce disparaît, plusieurs autres apparaissent.

Si la dernière période d'extinction de masse du quaternaire qui a commencé au Pléistocène est liée aux dernières glaciations, l'homme a prodigieusement accéléré les taux et les vitesses de disparitions, (de 1 000 à 10 000 fois Wilson). Ce phénomène est sensible dès l'époque paléolithique. Ces quatre derniers siècles, nous avons fait disparaître au moins 151 espèces de vertébrés supérieurs et ces trente dernières années un très grand nombre d'espèces d'insectes ont disparu de tout ou partie de leur aire de répartition. Dans la région, insectes, reptiles et amphibiens ont fortement régressé depuis les années 75.

-  Fragmentation (Morcellement, Insularisation) : le morcellement continu et croissant des habitats naturels par ruptures de continuums paysagers et/ou biologiques devient réellement préoccupant pour le maintien de la diversité de la faune et de la flore, de même que pour le maintien des grands équilibres naturels. Un nombre croissant de chercheurs voit là la menace la plus sérieuse pour la plupart des espèces des zones tempérées des pays développés. L'écologue s'intéresse, en raison de leurs conséquences majeures, à deux types de fragmentations. la fragmentation des populations et la fragmentation des milieux (cf.rapport ECOTONE) deux phénomènes qui sont liés mais d'autant moins que les espèces sont composées d'individus capables de se déplacer sur de grandes distances et relativement indépendants à l'égard des conditions environnementales.

-  Lorsqu'elle concerne de vastes volumes, la fragmentation en isolant les espèces est un facteur de spéciation,

Lorsqu'elle concerne de petits volumes ou espaces, la fragmentation est au contraire facteur de régression ou d'extinction d'espèces. C'est ce qu'a démontré la biogéographie insulaire.

-  Infrastructures naturelles (ou écologiques) : cette notion à la fois

simple et complexe a été définie comme suit par le CONSEIL REGIONAL pour le débat régional sur l'aménagement du territoire et pour le débat national sur le développement durable : " l'ensemble des éléments* de territoires, de milieux et/ou du vivant que relient fonctionnellement entre eux les habitats essentiels de la flore et de la faune "

* attention ces éléments ou infrastructures peuvent être immatériels, comme pour les réseaux de personnes. Ce sont souvent de fait des continuums biologiques ou physiques. Ils sont matériels ou non, réellement continus ou en "pointillé" (en gué), permanents ou non, différents selon les espèces ou groupes d'espèces.

Dans une approche fonctionnelle (ou systématique), l'infrastructure écologique a pour fonction de permettre aux espèces animales et/ou végétales de se déplacer pour se nourrir, pour échanger leurs gènes, pour coloniser, ou recoloniser des territoires d'où elles ont disparu. Cette fonction est "vitale" pour chaque espèce et biocénose, mais à des échelles et à des degrés différents selon leur degré " d'indépendance à l'égard du contexte écologi que " ou de " mobilité ". Chaque espèce ayant besoin d'une infrastructure d'un maillage d'une qualité et d'une échelle qui lui est propre. Chaque espèce ou groupe ou association d'espèce a en effet des besoins vitaux différents, des optimums de vie différents et surtout nécessite une échelle de maillage particulière, variable selon les époques de la vie des individus ou selon le contexte écologique.

-  Internalisation des coûts environnementaux et sociaux : intégration dans une démarche, dans le prix d'un objet ou d'un service du coût de la réparation des dégâts sur l'environnement et la sphère sociale. Cette notion fait parfois appel au principe de l'écotaxe ou pollutaxe. Une difficulté réside dans la mesure très approximative voire impossible de l'évaluation des coûts environnementaux.

-  Juste compensation : (appliqués aux mesures compensatoires proposées par les études d'impact) mesure visant à réparer le plus objectivement possible l'impact (le coût réel) d'une action sur l'environnement et le social (cf.comptabilité environnementale) : exemple, s'il faut couper 4 ha de bois pour faire passer une route au lieu de reboiser 4 ou 8 ha de jeunes arbres, on mesure le tonnage de bois, la quantité d'oxygène produite, le potentiel en épuration de l'eau, etc... et on replante de manière à tenter de reconstituer un équivalent/fonctionnel et non un équivalent/surface. On rétablit la continuité écologique par les infrastructures appropriées, etc.

Les coûts financiers de la juste compensation sont parfois élevés, mais ils permettent d'avoir une conscience plus claire de l'impact de nos modes de développement.

-  Pollutions globales : on parle de pollution globale lorsque des actions locales développent un impact qui dépasse le territoire où s'exerce l'action : les pluies acides sont un exemple de pollution transfrontalière. L'effet de serre est un exemple de pollution globale.

L'impact d'une action peut être différé dans l'espace (les glaces du pôle nord contiennent des métaux lourds et des traces de pesticides émis par tout l'hémisphère Nord) et dans le temps (ex l'amiante ne produit le cancer que 30 à 40 ans après). Les effets peuvent être exacerbés (ex : les sécheresses de 76 et 89 ont accru la sensibilité des arbres aux pluies acides) ou faire l'objet de synergies (ex : un organisme contaminé par le cadmium devient plus réceptif et sensible au plomb ou au mercure).

-  Principe de précaution : il veut qu'on n'attende pas d'être certain de l'impact négatif d'une action pour agir ou pour réduire et/ou compenser l'impact. Depuis 1992, le principe est inscrit dans le droit européen (Traité de Maastricht), dans les objectifs de la France en matière de développement durable (cf.rapport de la France à la commission du développement durable des Nations Unies : mars 1994) et dans la Charte de l'Eurorégion signée par le Kent, la Wallonie, la Région Bruxelles-Capitale, la Flandre et la Région Nord/Pas de Calais. Il est un des fondements du préambule de la convention sur la biodiversité signée à RIO le 5 juin 1992. Les problèmes de pollution par les nitrates, les pesticides, l'amiante, les farines animales montrent que son application n'est pas suivie.

-  Subsidiarité principe selon lequel on travaille à l'échelon de décision le mieux approprié pour agir efficacement en faveur de l'intérêt général. Pour l'Europe (Traité de Maastricht), chaque Etat conserve son autonomie et ne partage que ce qu'il est efficace d'entreprendre au niveau communautaire (définition UE). Les décisions doivent être prises au niveau le plus proche possible du citoyen, compatibles toutefois avec l'efficacité recherchée et compte tenu de l'importance des problèmes posés.

-  Solidarité (Nord-Sud ou Est-Ouest) : Notion de reconnaissance de communauté d'intérêts entre personnes, entreprises, Etats groupes d'intérêts, espèces etc... qui entraîne pour les uns l'obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance. Le principe de solidarité globale, spatiale et temporelle naît de la prise de conscience des interdépendances économiques et écologiques, et au fait que les écarts entre riches et pauvres ne cessent de croître, les états (ONU, RIO) reconnaissent que le sort des pays du nord est lié à celui des pays du sud. (Ex : c'est dans la zone intertropicale que se situe l'essentiel des ressources planétaire en terme de biodiversité et d'énergie. Ce sont dans les pays dits de l'Est qu'ont été conservées les dernières forêts "primaires" européennes. Ces ressources sont gaspillées ou détruites pour réduire localement la misère ou pour répondre aux "besoins" des pays dits " les plus développés ". Inversement, les ressources financières et les ressources en savoir technologique sont concentrées dans les pays du Nord, de même pour les moyens de protection de l'environnement et les sols les plus fertiles).

" Une parabole sénégalaise compare la population planétaire ou l'écosystême planétaire à une pirogue qui navigue sur un océan infini et désert. Les noirs (pays pauvres) sont à l'avant, les blancs (pays riches) à l'arrière. Quelqu'un crie " attention il y a un trou dans la pirogue ! ". A l'arrière on dit " ce n'est pas grave ; à l'avant ! ".



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